«A quoi a-t-il bien pu penser, quand il est resté assis, 3 heures, immobile, sans rien faire, à regarder le jardin, la veille de sa mort ? »
On vient de célébrer mes obsèques et, après la cérémonie, mon salon est plein de parents, d’amis et de voisins. Tout le monde, debout, bière ou café en main, se pose cette question.
« Lui, si actif, jamais en place, si… vivant…restant comme cela, les mains sur les genoux, les yeux dans le vague, juste 24 heures avant de s’écrouler et d’être emmené déjà mort, en réanimation, à l’hôpital…Impossible, incroyable… ou alors, il n’allait déjà pas bien ; c’était un… un symptôme … un malaise dont il n’a rien dit …il était déjà malade. »
Ma … femme (j’ai encore du mal à dire ma veuve), pense que j’ai senti que j’allais partir ; une prémonition en quelque sorte; alors pendant ces 3 heures, j’ai revu ma vie, j’ai fais mon bilan, j’ai mis les choses en ordre…
Pour une de mes 2 filles, très orientée « bouddhiste option zen écolo», j’ai regardé, stoïque, déjà détaché, la mort qui arrivait et j’ai parcouru du regard, mon karma…
Ils ont tort… tous ; Ils se trompent
Si cet après midi là, je ne suis pas monté, comme d’habitude, après manger, travailler sur la pile de dossiers qui m’attendaient dans mon bureau ; si je me suis assis tout simplement dans le jardin, ce n’étais ni à cause de la fatigue ou d’un malaise, ni les prémices du caillot qui allait me déchirer le cœur, le lendemain…
Je me sentais bien, en forme et l’idée de mourir si vite était loin, très loin de mon esprit…
Désolé, pas de bilan de ma vie passée non plus, pas d’examen de conscience, d’introspection ou d’autres bêtises comme ça… mon karma ne m’inquiétait pas…
Non mais c’était dimanche et il faisait beau. Le soleil jouait avec la carpe dans la mare et les bourdons se disputaient, un peu comiques, dans les lilas blancs…
Alors, j’ai regardé mon jardin, tout simplement…
Cela faisait si longtemps que cela ne m’était pas arrivé…
LAST IROKOI © 2009 in « HISTOIRES DE LA VIE DE TOUS LES JOURS «
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