Comme un indien , du fond de son tipi, au milieu des grandes plaines de l'ouest, j'observe au loin le monde et la société. Je devrais pleurer mais non souvent je rigole... Mon dieu, qu'ils sont tous comique et si loin de la vie et de l'univers... Entrez donc 5 minutes vous reposer. on parlera littérature et poésie, peinture et musique, art... Bienvenue dans le tipi de Lastirokoi Last Irokoi
L’avion s’est stabilisé et l’hôtesse est passée avec des coupes de champagne. En détachant ma ceinture, j’ai pensé que rien n’est plus facile pour une meurtrière, même recherchée, de passer une frontière.
Car je suis une criminelle et mon crime est le plus abominable de tous, celui que personne ne comprend ni ne pardonne : j’ai tué mes 2 enfants.
Je l’ai fait calmement, sans haine et sans hâte. Je l’ai fait car je savais que c’étais la seule chose qui ferait réellement, épouvantablement souffrir leur père, mon mari, l’homme qui m’avait trahi et que malgré tout, en dépit de tout, j’aimais toujours.
J’ai également tué la petite dinde qu’il avait engrossée, paraît-il, et qu’il voulait épouser…
Oui, pour lui, j’ai tué 3 fois, puis j’ai pris la petite valise que j’avais préparée avant, j’ai vérifié que mon passeport et mon billet d’avion étaient bien dans mon sac et j’ai appelé un taxi pour Roissy.
Soyons clair. La prison ne m’effrayait pas mais je devais rester libre pour avoir une chance de le reconquérir, de le ramener vers moi. Je m’éloignais pour mieux revenir.
J’ai passé sans encombre les contrôles d’embarquement et de police. Pourtant, je suis certaine qu’à ce moment là, ma photo était déjà diffusée partout. Mais, ce n’est pas mon visage que le flic regardait en tamponnant mon visa : Je suis une belle, une très belle femme. Je le sais.
En passant au dessus des côtes normandes, j’ai incliné mon fauteuil et dans le silence j’ai fermé les yeux.
La première fois que nos regard se sont croisés, j’avais 19 ans et lui 22, à peine, mais instantanément, j’ai su que c’était lui et qu’il n’y aurait que lui pour toute ma vie.
Il était beau, un vrai mannequin de mode ; blond, grand, large d’épaules et les yeux aussi bleus que l’eau des piscines où il s’entraînait. Il venait pour un stage de natation en Grèce où j’habitais avec mes parents à l’époque.
Sans un mot, il ne parlait qu’anglais et moi que le grec, il m’a séduit. C’était mon premier amant mais avec lui, dès la première fois, celle qui m’a fait devenir femme, j’ai connu ce que souvent les autres mettent plusieurs années à découvrir, quand elles le découvrent.
Ceux qui parlent d’amour fusionnel ne savent pas de quoi ils parlent. La fusion, ce n’est pas entre 2 êtres qu’elle se passe... plus égoïstement, c’est à l’intérieur de chacun que cela s’embrase. C’était vraiment de la lave en fusion qui coulait dans mes veines et explosait dans mon ventre dès qu’il m’approchait, dès qu’il me touchait.
Je ne sais pas pourquoi je parle au passé. Dès que je pense à lui, la même fièvre qu’il y a 5 ans me saisit… je l’aime je l’aime comme une damnée dont il serait à la fois l’enfer et le paradis.
Le soleil se couchait et venait m’éblouir à travers le hublot. J’ai tiré le rideau et me suis replongée dans mes souvenirs.
Mes parents se sont tout de suite et très violemment opposés à notre liaison. Dès qu’il l’a appris, mon père m’a convoqué dans son bureau et hors de lui, il hurlait en me traitant de la pire des façons. Il a tellement hurlé que brusquement, il s’est effondré en tenant son cœur à 2 mains. Je le revois gisant sur le tapis, râlant déjà et je m’aperçois que tout à l’heure je n’ai pas dis la vérité ; ce ne sont pas 3 personnes que j’ai tué pour mon homme, mais 4 même si pour mon père, je n’ai pas agi directement, je ne l’ai pas frappé… je n’ai rien fais, tout simplement. Je savais qu’en glissant une pilule entre ses lèvres, la crise se passerait mais je n’ai pas allongé la main pour prendre le tube de médicaments qui étaient sous mon nez sur son bureau ; j’ai attendu … tout simplement.
3 mois après, j’ai touché ma part d’héritage. Je suis devenue une jeune fille très riche, l’un des plus beau partis d’Europe. J’ai filé à Las Vegas et je suis devenu officiellement madame J.Junior. Smith…
Nous nous sommes installés en France, à Paris. Nous aurions pu vivre sans rien faire mais avec l’héritage, il a voulu ouvrir une galerie d’art. J’ai vécu avec lui les 5 plus belles années de ma vie. Il avait un goût affirmé ; il savait ce qui allait marcher et très vite sa galerie est devenue un lieu de rendez vous du tout Paris. Des artistes, des hommes politiques, tous les people venaient à ses vernissages. Nous faisions souvent la une des journaux. Nos journées comme nos nuits se passaient dans une sorte de fièvre torride et délicieuse.
Il m’a fait deux beaux enfants, des garçons aussi blonds que lui, qu’il adorait. Il les appelait mes trésors… et il m’appelait sa princesse.
Je ne suis pas dupe ; il a sûrement donné des coups de canifs à notre contrat de mariage. Il était si beau, si cultivé. Il recevait très souvent dans son bureau, de jeunes femmes, peintres ou sculpteuses qui pour exposer dans sa galerie étaient prêtes à tout…
Non je suis injuste, il n’avait même pas besoin de cela… c’était le charme même et rares étaient celles qui auraient pu résister.
Mais je m’en moquais, cela ne prêtait pas à conséquence… dans le milieu que nous fréquentions, coucher, c’était normal ; cela faisait parti des usages… moi même…rien que pour me prouver qu’avec 2 grossesses je pouvais encore séduire… mais soyons franche. Jamais je n’ai éprouvé avec un autre ce que je ressentais avec lui…
Et puis un jour, il y eu la dinde. Dès le premier moment, j’ai senti le danger, j’ai senti qu’il n’était pas avec elle comme avec les autres. Cela faisait 2 mois que cela durait. Elle venait à la galerie tous les jours. Un matin, il m’a dit qu’il l’avait embauchée comme secrétaire ; elle dont le père était un industriel renommé, riche à millions si ce n’est à milliards…, secrétaire… il se foutait de moi et j’étais malheureuse comme jamais je ne l’avais été…
Ce fut un soir, qu’il m’annonça qu’il voulait divorcer, qu’elle était enceinte et qu’il voulait l’épouser.
Je n’ai rien dit, je l’ai laissé parler ; il a cru que j’étais d’accord ; il avait déjà contacté un avocat. Mais, moi dès la première seconde, j’ai cherché et trouvé comment lui faire aussi mal qu’il me faisait mal. En tuant ses 2 fils; Et la dinde aussi, surtout à cause du mioche qui poussait dans son ventre.
Voilà comment à 25 ans à peine, je suis devenue une criminelle, recherchée par toutes les polices du monde mais qui comptait sur sa fortune et sur sa beauté pour échapper à la justice et reconquérir son amour, son éternel amour.
La nuit était tombée et loin, très loin en dessous, il y avait le gouffre insondable de l’océan. C’est alors que dans le silence feutré de ces premières classes, j’ai pris conscience de la présence d’un homme, un asiatique énorme qui avait la prestance d’un maharadja et la sagesse d’un bouddha. Il me regardait et m’a souri. J’ai incliné la tête pour lui répondre. Je ne savais pas qui il était mais j’étais certaine que je l’avais déjà vu dans les journaux.
Pour me dégourdir les jambes, je me suis dirigé vers les lavabos. Dans le mess, deux hôtesses préparaient les plateaux repas. J’ai fais signe à l’une d’entre elle et à voix basse je lui ai demandé qui était cet homme. Immédiatement elle a pris un air déférent comme si elle parlait d’un dieu vivant. Je n’ai pas compris grand-chose avec le bruit si ce n’est que c’était le souverain d’un royaume au coeur de l’Himalaya, ami des grands de ce monde et certainement dans les 5 premières richesses du monde. Il avait du prendre un vol régulier car son jet privé avait rencontré des problèmes techniques en Suisse. Tout son staff, 7 personnes, l’accompagnaient en classe « affaire ».
En sortant des lavabos, je suis allé au bar et j’ai commandé un bourbon. J’ai senti une présence derrière moi. C’était lui. Il me demandait l’autorisation de boire avec moi.
En arrivant à San Francisco, je n’ai eu aucun problème à la douane. Son altesse Suong Li 1er (ami personnel du président Obama m’avait il confié dans l’avion), m’a fait passer avec lui par la porte des « VIP ». Il m’avait demandé de l'accompagner à une party que donnait un acteur, chez lui, à Beverly
L’agent de l’immigration américaine est venu en personne saluer son altesse en lui disant que tout était en ordre.
C’est lui qui, en refermant la portière de la limousine, m’a dit en s’inclinant :
- Bon séjour Lady Mayday
Alors, avec un grand sourire, je lui ai répondu :
- Non, pas Mayday, Lady Médée, Lady Helena Médée…
Et Suong à ajouté :
- Et pourquoi pas, peut être, bientôt, son Altesse Helena Medée ?
LAST IROKOI © 2009 in « HISTOIRES DE LA VIE DE TOUS LES JOURS »