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Comme un indien , du fond de son tipi, au milieu des grandes plaines de l'ouest, j'observe au loin le monde et la société. Je devrais pleurer mais non souvent je rigole... Mon dieu, qu'ils sont tous comique et si loin de la vie et de l'univers... Entrez donc 5 minutes vous reposer. on parlera littérature et poésie, peinture et musique, art... Bienvenue dans le tipi de Lastirokoi Last Irokoi

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FINAL

 

 

Elles nous ont roulé jusqu’à la digue, devant la plage de galets, face à la mer en contrebas. Le ciel est gris et bas. Les rafales de vent sont lourdes d’averses qui avancent ou d’embruns, salés.

 

Nous sommes 3 ou 4 grabataires du centre, encore sortables, sur des chaises roulantes, entourés dans des couvertures écossaises, en laine qui gratte. Je ne me souviens plus du nom de ces couvertures…Plus cela va et plus j’ai du mal à nommer les choses et les gens. L’autre jour, brutalement, impossible de me souvenir du prénom de ma 1ére épouse. Jusque tard dans la nuit, impossible de dormir. C’est si loin tout ça. Mais je ne regrette rien.

 

Tous les après midi, on nous pousse jusqu’ici. Et on reste là, silencieux, souvent sous la pluie. Car les infirmières, dès qu’elles nous ont roulé jusqu’ici, courent boire un thé ou un café. Chaud. Sous la véranda du centre. D’où elles nous surveillent. Peut être.

 

Et nous on reste là. Silencieux. Sous la pluie gelée. Sans rien dire. Sur nos chaises. Dans notre merde. Dans notre pisse. Elles nous mettent des couches. Plus facile pour ces feignantes que de nous aider. Avec un bassin ou un pistolet.

 

On ne dit rien. Le vieux. (On l’appelle le vieux. Mais on a le même age. Il a eu une attaque). Il peut plus. Il peut plus parler. Les autres, je ne sais pas. Moi je pourrai. Mais, je n’ai pas envie. Alors je me tais. Je ne sais pas si je saurais encore. Alors je me tais. Je pense.

 

Je pense. Entre 2 rafales. Entre 2 cris de mouettes. Quelle saloperie. Les mouettes. Je me demande si, quand elles tournoient autour de nous. Non, pas autour, au dessus… oui au dessus de nous. Je me demande si elles ne guettent pas notre… notre fin. Pour nous… comment déjà… Pour nous… dépecer.

 

Je pense. A ma vie. Mes souvenirs. Ce qu’il en reste. Mais tout part. C’est plein de trous. Comme de la dentelle. Qui se détricoterait. Plus cela va, plus il y a de trous. Moins j’ai de souvenirs. C’est cela la vieillesse. Ce sont des sensations. Ou plutôt des absences de sensations. D’appétit. De désirs. Je suis vieux. Je suis pauvre en souvenirs. Quand je n’en aurais plus, je m’endormirai. A jamais.

 

Je me cramponne à ceux qui restent. Avant la nuit. Encore une rafale de vent. Une rafale de pluie et la nuit qui arrive, derrière. Un voilier, chahuté par les vagues, loin. Sur l’horizon. Il longe la cote, serrant la terre. Bientôt il passera pile devant moi. Puis il s’éloignera vers la droite. Si vite et si lentement. Inexorablement. Comme ma vie.

 

Ce voilier, c’est la vie. Ma vie. L’image de ma vie qui est passée, si vite et si lentement, inexorablement. J’ai du m’assoupir. Le voilier est un point minuscule. Sur l’horizon. A droite. Il va disparaître. Il fait presque nuit. Malgré le… plaid. (J’ai retrouvé le nom de la couverture). J’ai froid. Le vent. La pluie qui gifle les galets, l’herbe de la digue. Nos visages. Et ces salopes qui ne reviennent pas nous mettre à l’abri.

 

Je me sens engourdi. Je sens des vagues de sommeil. Elles déferlent sur moi comme sur une plage de sable, sans laisser de trace. Il y souffle un vent glacé. Il éparpille les grains, un à un, de mon destin. Je me revois. Il y avait une marguerite. Et moi assis devant. Dans la cuisine. Je ne regrette rien. C’est si loin tout cela.

 

La dentelle se défait… c’est un grand trou maintenant. Au milieu. Avec une effilochure de coton autour. Je tombe dedans.

 

Si vite et si lentement…

 

Mais je ne regrette rien.

 

 

LASTIROKOI © 2009 in « HISTOIRE DE LA VIE DE TOUS LES JOURS »

 

(Voila, c’est terminé… ce final est le 42ème texte des « histoires de la vie de tous les jours »…et le dernier de la série. Merci à tous ceux qui m’ont fait l’honneur de les lire, le plaisir de les commenter et, à ma grande confusion, parfois de les apprécier. Je vais sûrement me taire quelque temps… pour revenir, peut être, avec autre chose que je soumettrai avec beaucoup d’humilité, à votre jugement, à votre critique.

 

A tous, une belle vie sur la prairie de vos ancêtres…)

 

L.I 12/12/2009

(L’absence de regrets ne serait elle pas le dernier privilège de la vieillesse ?)

 

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E
<br /> Hugh!!!!<br /> La marmite à mots qui brule sous ta tente dégage toujour autant de bonnes odeurs!!<br /> J'espére que tu poursuis ta quête d'herbes aromatiques  dans la grande prairie de notre vie pour y deterrer,au plus profond de la terre ou y ceuillir, aux sommets des arbres les plus hauts,<br /> ces ingrédients que tu y plonge dans une alchimie souvent envoutante.<br /> Eric<br /> <br /> <br />
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L
<br /> ouh que c'est bon tous ces voeux !!!! Que ta petite famille t'entoure pour les accomplir tous. Le tipee va être plein à<br /> craquer de bonnes choses l'an fini, c'est sûr.<br /> Bisous pour commencer héhé<br /> Lady un peu pâle des genoux ce soir lol faire la fête c'est cool mais ouh lala<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Hello grand sachem,<br /> <br /> Je n'ai pas envie d'arrêter de te lire moi. C'est que j'aime venir tourner les pages de tes histoires, me faire une tite place sous le tipee et laisser aller l'imaginaire. Je vais lire quoi moi si<br /> tu désertes???<br /> Cette histoire fait terriblement écho à un texte que j'avais écrit sur la mort de ma grand mère en maison de retraite. Moche. Sans dignité. Ecoeurante.<br /> Je crois quo'n commence hélas à mourir dnas la vie des autres avant de partir vraiment et c'est cela qui nous achève...<br /> Pas gai tout cela et j'ose croire que nos ptits vieux valent bien mieux que cela, beaucoup beaucoup mieux.<br /> A quand des moyens pour leur rendre une fin de vie plus douce et surtout...normale avec autant d'amour, d'écoute et de dignité qu'on semble le "mériter" lorsqu'on est soi disant "jeune".<br /> Bisous LI<br /> Lady qui part en vacances youpi !!!!!<br /> Très bonnes fêtes à toi et ta petite famille<br /> <br /> <br />
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<br /> Hello my lady,<br /> <br /> Merci pour cette visite et ce com sur un texte un peu tristounet...<br /> <br /> Je te siouhaite (bon c'est pas un jeu de mot mais une faute de frappe: comme c'est marrant je la laisse... "siou haiter pour un irokoi"...lol!) Onc donc, je te siouhaite une bonne et heureuse<br /> année à toi et à tous les tiens: joie, bonheur, paix et sérénité...<br /> <br /> A bientôt; très bonne soirée...<br /> <br /> Toute my cordiality...<br /> <br /> L.Irokoi <br /> <br /> <br />
P
<br /> C'est très beau, très touchant.<br /> Le dernier texte... J'aimais bien venir guetter et parfois chouette un nouveau texte, une nouvelle histoire captivante ou touchante, un nouveau personnage étrange ou ordinaire.<br /> Ca va me manquer <br /> <br /> <br />
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L
<br /> HELLO,<br /> <br /> merci pour ta visite et tes com tjrs sympa...<br /> <br /> A toi et à tous les tiens, une bonne et heureuse année 2010. que celle ci te donne toute la joie, le bonheur et la sérénité du monde... et tt ce que tu souhaite...<br /> <br /> Very cordialement<br /> <br /> L.Irokoi<br /> <br /> <br />
A
<br /> quel plaisir de te lire à nouveau... et quel dommage de lire la fin en lettres grasses. Quoi, encore un qui s'en va?<br /> L'un des plaisirs de lire tes textes est aussi que contrairement à tant de bloggueurs, tu ne fais pas de fautes d'orthographe.<br /> <br /> Mais je suis trop éprise de liberté pour t'en vouloir de tes silences.<br /> <br /> Bon hivernage l'Iroquois.<br /> :0010:<br /> <br /> <br />
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L
<br /> bon ben mon silence est tt relatif...<br /> <br /> je suis aussi bavard sur mon blog qque dans la vie courante... et pour courir: elle court cette vie...<br /> <br /> non ce que j'arrette ce sont "les histoires de la vie courante" mais je pense me lancer dans autre chose d'un peu different...<br /> <br /> Bonne soirée Aude<br /> <br /> L.Irokoi<br /> <br /> <br />