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Comme un indien , du fond de son tipi, au milieu des grandes plaines de l'ouest, j'observe au loin le monde et la société. Je devrais pleurer mais non souvent je rigole... Mon dieu, qu'ils sont tous comique et si loin de la vie et de l'univers... Entrez donc 5 minutes vous reposer. on parlera littérature et poésie, peinture et musique, art... Bienvenue dans le tipi de Lastirokoi Last Irokoi

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LA MAISON DU BELIER (seconde journée)

 

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CHAPITRE 4


(Retour au chapitre 1)








Il était un peu plus de midi au pâle soleil d’hiver lorsque la petite troupe se remit en route. Bert avait compris que les enfants avait besoin de repos. Repos pour leur corps, leurs jambes si peu habitué à un tel effort et qu’il fallait endurcir graduellement mais surtout, repos pour leur esprit. Ils avaient besoin d’un temps pour faire leur deuil, pour accepter non la disparition de leurs parents, de leur famille, de leur ville, mais l’idée même de cet impossible retour en arrière, de cette première impasse dans leur vie. Ils avaient besoin d’en parler. Alors, ils parlèrent, réchauffés par les braises qui mettaient un peu de rose aux joues de Louis.
La mer n’était plus visible. Elle se confondait avec les nuages. D’Orient en Occident, de grandes stries rouges griffaient le ciel. Bertrand expliquait à Jeanne que c’était signe de grands vents. Bert parlait avec Marie. Elle cherchait toujours un nom pour le chien.
 
-         Pourquoi pas «nigaud » ?
-         Et pourquoi «nigaud » ? Tu le trouve Nigaud ce chien ? Tiens, regarde le avec Georges, là haut sur la dune. Lui aussi, il guette. Crois moi, il a compris, va, il sait que quelque part dans le pays, il y a du danger et qu’il doit vous en protéger. Et cette nuit, il a tout de suite compris qu’il devait vous abriter du froid, toi et Louis. Ca va, Louis ?
-         Ca va, Commandant, Ca va.
-         Non, tu as raison, «nigaud », c’est pas bien. Alors, quoi ? T’as une idée, Jeanne ?
-         « Noiraud » peut-être ?
-         Ah non, tous les chiens s’appellent comme ça…Et toi, Eléonore ?
-         Moi, j’aimerai bien «vagabond »
-         « Vagabond »… »Vagabond »… Ah, oui ! Ca me plaît «vagabond » Et toi Bert, ça te plaît ?
-         L’important, ce serait de savoir si cela lui plaît à lui.
-         Ah oui, mais comment faire ?
-         Il faut le lui demander.
 
Bert fit un grand signe à Georges qui immédiatement rebroussa chemin avec le chien sur ses talons.
 
-         Que se passe-t-il ?
-         Rien de grave, Georges, nous baptisons le chien. Viens ici le chien, viens là. Voyons voir, est-ce-que «vagabond » te plaît ? Vagabond…
 
Le chien regarda Bert, d’abord interloqué puis, comme s’il avait compris, il aboya joyeusement en faisant des cabrioles sur le sable. Les enfants se tordaient de rire.
 
-         Et bien, c’est décidé, tu t’appelles «vagabond ».
 
 
 
Ils marchaient. Midi était déjà loin. Bert avançait de son pas lourd et régulier, de son pas de voyageur. Il portait Marie sur ses épaules mais également les vivres et l’eau. Pourtant, il ne semblait pas peiner sous tout ce poids. Marie, elle, s’était remise à chanter. Soudain, elle mit sa main en visière.
 
-         Oh, regarde, là-bas ! Une étoile sur la mer !
-         Une étoile, la puce ? A cette heure de la journée ? La nuit est encore loin, heureusement. Elle est ou, ton étoile ?
-         Là bas, regarde !
 
Et elle pointa son doigt, droit vers l’Occident. Bert aperçut, en effet, en plissant les yeux, un minuscule point brillant. Il secoua la tête.
 
-         Ce n’est pas une étoile. Un nuage peut-être ? Bertrand, rejoint Georges. Montez sur la dune et essayez de voir ce que c’est.
 
Il posa la petite à terre et fit signe aux autres de s’arrêter. Déjà, Bertrand et Georges revenaient.
 
-         C’est bien une étoile, mais, c’est drôle, elle bouge !
-         Elle bouge ?
-         Oui, on dirait qu’elle vient vers nous.
-         Garde les, Eléonore. Je monte sur la dune.
-         Tu m’emmènes, Bert ?
-         Toi, la puce ? Pourquoi pas ? Allez, grimpe.
 
Il l’enleva comme un fétu de paille.
 
 
Dès qu’il fut là haut, il constata que Bertrand avait raison. Le point avançait. Ce pouvait être un nuage ou une étoile. Vagabond s’était allongé de tout son long, à l’abri du vent, le museau vers la lande. Il se désintéressait du phénomène. Georges plissait les yeux pour mieux voir.
 
-         On dirait un oiseau. Qu’est ce qu’il va vite !
-         Un oiseau ? Non, Georges, ce n’est pas un oiseau.
 
Marie fit la grimace.
 
-         T’as déjà vu un oiseau doré ? Tu dis n’importe quoi, Georges.
-         C’est pas un nuage, non plus. Ca va trop vite !
 
Soudain, Bert étouffa un juron.
 
-         Bon dieu, vous savez ce que c’est ? Un voilier ! C’est un voilier et il vient vers nous. Vagabond, Hé, le chien ! Debout ! Va chercher les enfants, vite !
 
Le chien comprit tout de suite. Il partit vers la plage en aboyant
 
-         Cachons-nous derrière les dunes. Allez, dépêchez-vous, les enfants… Plus vite, que diable !
 
La petite troupe à nouveau au complet s’aligna au ras de la dune. Allongée dans le sable, ils n’avaient que le nez qui, pointé vers l’horizon, dépassait.
 
Bert avait raison. Un voilier arrivait du fond de l’océan. C’était un trois mats, haut et fin, dont les cordages d’or vibraient dans la lumière froide de l’hiver.
 
-         On dirait bien un oiseau, un grand oiseau mort.
-         Chut ! Tais-toi, Georges ! La voix porte loin sur l’eau.
 
Le navire vira, toutes voiles dehors, à quelques encablures du rivage et se mit à longer la côte, vers le sud. Il passa, majestueux, devant la dune qui abritait les enfants.
 
-         Regardez ! A l’arrière !
 
Un homme, immobile à la barre, gardait les yeux fixés sur le lointain.
 
 
 
L’homme de barre s’appelait Mohamed el hadj. Il était le dernier survivant d’une dynastie bédouine qui régnait aux limites du désert. Un jour, des cavaliers, vêtus de fer, brandissant des bannières frappées de la croix, sont arrivés du nord. Sans un mot, sans un cri, ils ont massacré les hommes, les femmes et les enfants de la tribu. Ils ont profané les sanctuaires. Ils ont incendié les citadelles de pierres sèches. Ils rendirent au désert, les terres qui, au fil des siècles avaient été arrachées au désert et firent reculer les frontières de la grande forêt. Enfin, étonnés du silence et comme effrayés de ce qu’ils avaient fait, ils s’en retournèrent vers leur domaine dans les brumes blêmes du nord. Cinq ou six princes nomades réussirent à gagner un port et à prendre la mer pour fuir à tout jamais ce pays profané. Celui-ci était le dernier survivant. Il sillonnait, sans relâche, les océans de la planète, à la recherche de la pureté perdue. Il mangeait le poisson qu’il prenait, il buvait l’eau de la pluie mais jamais il ne s’approchait de la terre tant vive était sa répulsion. D’ailleurs, il était aveugle.
 
 
 
Le mirage se dilua doucement dans la ligne de l’horizon, laissant du rêve dans les yeux des enfants.
 
 
 
La nuit tombait. Bert avait donné l’ordre de s’arrêter. Les enfants étaient épuisés. A peine avaient-ils la force de manger ! Pourtant, Bert ne les installa pas pour la nuit. Ils s’étaient arrêtés entre plage et estran. Vagabond se baignait dans l’eau gelée. Il gambadait comme un fou.
 
-         Ecoutez-moi, les enfants. Vous apercevez les rochers, tout là bas ? Juste derrière, il y a une ville. Rien ne prouve que Milan est à l'intérieur ; Rien ne prouve le contraire. Bref, il faut qu’on profite de la nuit pour la contourner par la campagne.
 
Les enfants n’eurent même pas la force de protester. Seule, Marie demanda d’une petite voix
 
-         C’est loin, Bert ?
-         Deux heures de marche environ. Reposez-vous encore un peu. On va attendre qu’il fasse nuit noire.
 
 
 
Bert marchait en tête. Derrière, les enfants suivaient deux par deux, en se tenant par la main. Jeanne et Bertrand d’abord, puis, Eléonore et Louis qui se traînaient littéralement. Enfin, Georges et Vagabond fermaient la marche. La petite Marie s’était endormie sur les épaules de Bert.
 
La ville les écrasait de son ombre lourde et sourde. Ils avançaient en pleins champs, sans bruit, dans le noir. Bert n’avait aucune hésitation. Il connaissait parfaitement le pays, trouvant de suite la brèche dans la haie, abritant leur progression dans d’invisibles fossés, derrière les arbres. Quel silence ! Si la bande à Milan était en ville, ils dormaient, ivres morts. Peut-être étaient-ils repartis ? Peut-être allaient-ils arriver ? Bert sentait le danger. Il fallait s’éloigner vite. Ils traversèrent rapidement un chemin plein d’ornières avant de s’enfoncer sous un petit bois. La ville enfin contournée, se fondait, peu à peu, dans l’obscurité. Bert marchait plus vite. Le bruit du ressac emplissait de nouveau la nuit et sous leur pas, l’herbe détrempée fut remplacée par le sable. Enfin, Bert laissa tomber ses sacs et dit :
 
-         On est arrivé. Entrez vite.
 
Ils les poussa sous une porte qui battait au vent. 
 
-         Ne faites pas de bruit. La ville n’est pas si loin. Allongez-vous là.
-         Où sommes-nous ?
-         Dans une vieille étable en ruine, Eléonore. Le toit en est percé mais ses murs vous abriteront du vent.
 
Il siffla le chien qui docile, s’allongea entre Louis et Marie.
 
-         Dormez vite ! Il faut repartir avant l’aube, demain.
 
Aucun n’entendit le conseil. Ils dormaient déjà.
 
Ainsi s’acheva la seconde journée.


LAST IROKOI  © 2008 

(Suite chapitre 5)

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C
<br /> <br /> Moi aussi je pousuis ma route, la découverte de tes écrits. C'est toujours aussi plaisant.<br /> <br /> <br /> Charly...<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> Merci, merci beaucoup pour cette visite et cette lecture.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tres bon week end<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> L.I<br /> <br /> <br /> <br />
T
jambes si peu habituées
Répondre
L
<br /> et oui...<br /> que veux tu... un moment d'égarement... mais tu va en trouver un paquet...helas !!!<br /> <br /> bien à toi<br /> L.I.<br /> <br /> <br />