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Comme un indien , du fond de son tipi, au milieu des grandes plaines de l'ouest, j'observe au loin le monde et la société. Je devrais pleurer mais non souvent je rigole... Mon dieu, qu'ils sont tous comique et si loin de la vie et de l'univers... Entrez donc 5 minutes vous reposer. on parlera littérature et poésie, peinture et musique, art... Bienvenue dans le tipi de Lastirokoi Last Irokoi

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4 / LA MAISON DU LION 4EME PARTIE (creance fin du 13 ème siècle)

La jeune femme lui avait servi à manger. Richard la pria de s'asseoir en face de lui.

 

- Puis-je vous demander votre nom, Madame ?

 

- Geneviève, Messire.  Mon père était Ludovic le marin.

 

- Je m'appelle Ri... Robert... oui, voilà... Robert.

 

- Et que faites-vous dans notre pays perdu ?

 

- Ce que je fais ? .. Ce que je fais ? .. Je vous cherchais.

 

- Moi, Messire ? Mais personne ne me connaît.

 

- Non, en fait... Je suis marchand

 

- Ah ! Marchand.

 

- Oui, mais attention, je suis un gros marchand, le plus gros des marchands... Un peu le roi des marchands.

 

- Et que vendez-vous, Messire ?

 

- Ce que je vends ? ... Ce que je vends ? Oh la ! ... Et bien, je vends... je vends des diamants.

 

- Des diamants ?

 

- oui, des bijoux qui ressemblent à vos yeux.

 

- Je n'ai jamais vu de diamants. Ce doit être très beau !

 

- Très beau, en effet.

 

- Plus beau que la lumière de l'aube qui déferle sur les lames, l'hiver ?

 

- Moins beau, sûrement.

 

- Vous pourriez m'en montrer un ?

 

- C'est que... C'est que je n'en ai plus sur moi. J'ai tout vendu à un bourgeois de Coutances.

 

- Il y a des bourgeois si riches que cela à Coutances ?

 

- Oui, sûrement. C'est en remontant vers le port, vers le bateau qui doit me ramener en Angleterre, que je me suis perdu.

 

- Ah, vous êtes Anglais ?

 

- Par mon père, seulement par mon père. Ma mère était Suédoise.

 

- Tiens, c'est étrange ! Ma mère aussi était Suédoise. Mon père l'avait rencontrée au cours d'un de ses voyages. Je vous aurais cru soldat, chevalier plutôt !

 

- Oh, mais j'ai été chevalier... il y a longtemps... il y a… un an.

 

- je croyais que l'on restait chevalier toute sa vie.

 

- Oui, je suis chevalier et marchand. Surtout chevalier, d'ailleurs... C'est un état d'esprit.

 

- Ce doit être exaltant, non ?

 

- Exaltant ! Enivrant, voulez-vous dire ? Etourdissant ! Ah ! Qui n'a pas vécu l'aube avant la bataille, n'a pas vécu ; qui n'a pas vu le camp, oriflammes claquant au vent, n'a rien vu... Et la charge, lance au poing, sur l'ennemi ; les chevaux ruisselant de soleil, de sueur et de sang... Et l'odeur du danger, ah ! l'odeur du danger...

 

- Vous en parlez avec une fougue !

 

- Et lorsque vous commandez la halte, au soir, en rase campagne, sur une terre inconnue.

 

- Commandez ? Vous étiez le chef, alors

 

- Ah ? J'ai dit « Commandez ? » ... Oui, j'étais un chef, un petit chef, un chef quoi...  un chef, un grand chef... Mais, je ne parle que de moi... Et vous, qui êtes vous, Geneviève ?

 

- Oh, mon histoire à moi est plus banale, Messire. Mon père était marin. Il a vogué sur toutes les mers. Ma mère est morte lorsque j'avais cinq ans. Mon père m'a confiée à sa sœur qui habitait Lessay, à quelques lieues d'ici.

Un jour, mon père a cessé de naviguer. Il a acheté cette maison... Cette maison, c'est comme un navire, écoutez la craquer dans le vent; On dirait qu'elle dérive sur un océan terrestre.

Toutes les nuits, mon père se levait. Il prenait son quart, comme il disait. Il surveillait la nuit terrienne. Il est mort il y deux ans. Je n'ai pas pu quitter cette maison. J'y vis seule. Ici, je n'ai besoin de rien. Je suis libre. Je dois tenir de mon père.

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