Comme un indien , du fond de son tipi, au milieu des grandes plaines de l'ouest, j'observe au loin le monde et la société. Je devrais pleurer mais non souvent je rigole... Mon dieu, qu'ils sont tous comique et si loin de la vie et de l'univers... Entrez donc 5 minutes vous reposer. on parlera littérature et poésie, peinture et musique, art... Bienvenue dans le tipi de Lastirokoi Last Irokoi
J’arrive pas à dormir… et pourtant il est tard, je sais pas, moi, au moins trois heures mais j’arrive pas. Et mon frère non plus, je l’entends soupirer sans cesse derrière la cloison. Il faut dire qu’aujourd’hui, on fait une grosse bêtise : on a tuer Mickey.
Pourtant c’était génial, ce matin. C’était le week end à papa et il nous a emmené à Disney. On est partir hyper tôt. Depuis qu’il est plus avec maman, c’est moi qui monte à coté de lui dans la voiture. J’ai pas tout à fait dix ans mais tant pis. Mon frère qui à un an de moins que moi dit que c’est pas juste.
Il faisait chaud dans la voiture et sur l’autoroute, je guettais les panneaux qui indiquent le parc avec le nombre de kilomètres à faire… mais ça passait pas vite. Il y avait plein de monde. Quand on est arrivé, il a fallu faire la queue longtemps au péage ; plein de monde aussi au contrôle des sacs pour les terroristes et aussi pour prendre les billets. (Quand on y va avec maman, c’est mieux, on attend pas car elle les achète à son bureau).
Il était déjà tard quand on a passé les tourniquets de l’entrée et la grande rue qui va au château était pleine de bruits et de couleurs et il faisait très chaud.
On a commencé par la maison hantée car il y avait pas trop de monde. On commence toujours par là et maintenant je connais par coeur tous les fantômes et les squelettes me font plus peur. Mon frère aussi dit qu’il a pas peur mais je crois qu’il ment. Après on a voulu faire le train de la mine et là par contre, il fallait beaucoup attendre. Le panneau sous lequel la queue attendait marquait 90 minutes. Sous le toit qui abrite la file, papa transpirait à grosses gouttes. On entendait les gens qui criaient et le bruit des wagons. On a un peu joué avec la console de mon frère mais très vite il a plus eu de piles. Enfin on a pu monter dans un wagon…
Ce qu’est bête, c’est qu’on attend plein de temps et que le tour passe vite. Le seul truc c’est qu’après on peut raconter aux copains qu’on l’a fait.
Papa a pas voulu acheter la photo qu’ils prennent automatiquement au passage du train dans la grande descente. Maman elle la prend toujours. Mon frère a un peu pleuré.
C’était l’heure de manger. On est allé de l’autre côté du parc, à côté de « space mountain » pour prendre du Mac Do. Là aussi il fallait attendre et ensuite on l’a mangé debout dans la foule. Il y avait beaucoup de gens avec des chapeaux et des oreilles de Plutôt.
Après manger, on a encore attendu presque une heure pour faire « star tour ». Ca, c’est génial, on est assis dans un vaisseau spatial qui bouge vraiment et sur l’écran c’est l’espace et d’autres vaisseaux nous attaquent et nous tirent dessus. Mais là aussi ça dure pas longtemps.
En sortant, on est passé devant la boutique où ils vendent plein de choses de la guerre des étoiles. Il y avait des fusils laser blancs comme ceux des soldats du film et papa a bien voulu les acheter. Si on avait su, on aurait rien réclamé.
On a marché longtemps ; on avait de plus en plus chaud et il y avait du monde partout, les files étaient de plus en plus longues. On avait même du mal à avancer dans les allées. On a traversé le bateau pirate et on est revenu vers « main street ».
A 4 heures, on s’est assis sur un banc. Papa a dit qu’on allait attendre la parade qui passerait dans une demi heure et qu’après, on rentrerait. Il était fatigué.
Avec mon frère, debout sur le banc, on jouait avec nos fusils et on tirait sur les gens qui passait. Ca faisait le même bruit que dans le film et un faisceau de lumière orange sortait du canon comme un vrai laser.
Au loin, presque sur les marches du château, plein de personnages faisaient des photos avec les gens et signaient des autographes ; au milieu, le plus entouré, c’était Mickey. Je ne sais pas qui le premier l’a visé. On a tiré et Mickey s’est écroulé.
Il est resté sans bouger, par terre , longtemps. Je crois que les gens autour pensaient que c’était une farce car ils ont pas réagi tout de suite. Et puis certains se sont penchés sur lui et des employés sont venus. Ils ont fait reculer tout le monde et avec leurs grands manteaux, ils ont empêché qu’on le voit.
Papa dormait sur le banc ; il a rien vu mais nous on était drôlement embêté ; Surtout qu’un médecin est arrivé avec sa valise noire et il faisait « non » avec la tête.
Quand ils l’ont emmené sur une civière, à un moment, les manteaux se sont écartés et moi j ai bien vu qu’il était complètement recouvert avec un drap comme les morts dans les feuilletons américains.
J’avais peur que quelqu’un nous ai vu tirer et j'ai fais signe à mon frère de rien dire et de cacher les fusils. Mais non ,la parade arrivait et personne avait vu qu’on avait tuer Mickey.
Après, on est vite parti. Dans la voiture, personne disait rien. Papa était triste. Il nous a vite déposé en bas de la maison comme il fait tout le temps.
Pareil, à table, on a presque rien dit et presque rien mangé. Maman s’en ai pas aperçu ; elle aussi avait l’air triste et fatiguée. On s’est vite couché
Je me demande quand ils vont venir nous arrêter car avec l’enquête sûr qu’ils vont nous retrouver. On a mit les fusils dans le coffre de l’entrée…
Cela me fait un peu drôle d’aller en prison, d’être enfermé surtout qu’on l’a pas fait exprès et surtout qu’en fait c’est pas vraiment Mickey qu’on a tué : c’est des comédiens dans les costumes. Peut être qu’il faisait seulement semblant d’être mort ?
Il fait de plus en plus chaud et il y a plein d’éclairs dans le ciel. Maman aussi dort mal ; je l’entends qui tourne dans son lit.
Soudain, je pense qu’après demain, il y a contrôle de math. S’ils m’arrêtent demain, je le ferai pas.
Il y a eu un grand éclairs et juste après, un gros coup de tonnerre. Le vent a fait voler les rideaux et la pluie s’est mise à tomber, très fort.
Moi aussi je me suis retourné dans mon lit, baigné par la fraîcheur qui arrivait de la fenêtre et peu à peu, j’ai senti que je m’endormais…
Quand je serai en prison, papa et maman viendront me voir. En attendant leur tour pour le parloir, ils auront le temps de reparler ensemble… alors, peut être que tout redeviendra comme avant, comme quand ils étaient ensemble… même si papy, l’autre fois, a dit à table, devant nous,que c’était impossible, qu’ils se remettraient jamais tous les deux.
Impossible ? Qu’est ce qui est impossible ? Moi et mon frère, aujourd hui, on a bien tuer un faux Mickey avec un faux fusils laser.
Ca y est: je dors….
Last Irokoi ©2008 in « histoires de la vie de tous les jours »