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Comme un indien , du fond de son tipi, au milieu des grandes plaines de l'ouest, j'observe au loin le monde et la société. Je devrais pleurer mais non souvent je rigole... Mon dieu, qu'ils sont tous comique et si loin de la vie et de l'univers... Entrez donc 5 minutes vous reposer. on parlera littérature et poésie, peinture et musique, art... Bienvenue dans le tipi de Lastirokoi Last Irokoi

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LE SILENCE EST D'OR

C’était exactement comme quand j’étais gamin. Le dimanche, après déjeuner, toute la famille se promenait sur les berges de la Seine, à la hauteur des entrepôts de Bercy. Puis nous passions le fleuve pour aller longer la ménagerie du Jardin des Plantes

 

A l’époque, Paris sentait encore le vin et les fauves

 

En automne, vers 17 heures, quand la nuit commençait à tomber, on repassait la Seine et on rentrait vers la place Daumesnil. Les monuments étaient gris et le ciel, frileux. Je marchais dans les feuilles mortes en traînant les pieds. Cela faisait d’énormes tas roux et bruns.

 

J’avais froid et je m’ennuyais.

 

Ce jour là aussi, c’était l’automne et j’avais 2 heures à tuer en attendant le train de Paris. Je marchais dans les rues désertes de Saintes, le long de la Charente et les marronniers perdaient leurs feuilles comme ceux de mon enfance.

 

Hélas, je ne pouvais pas traîner les pieds dedans. A 50 ans et en costume cravate, cela ne se fait pas.

 

Saintes ne sentait ni le vin, ni le fauve mais j’avais l’âme aussi mélancolique, aussi frileuse que 40 ans auparavant. J’étais seul. Mon père n’était plus là pour me dire : « arrête, s’il y a des crottes de chiens, tu va en avoir plein les chaussures… ». Seul comme je l’étais alors, dans la vie.

 

Et puis, il se mit à pleuvoir ; à pleuvoir comme il ne peut, comme il ne sait pleuvoir qu’à Saintes, tout doucement d’abord, hypocritement et de plus en plus fort, une averse drue et sonore, une pluie lourde et froide qui tout de suite colle aux vêtements et vous glace le corps, qui, tout de suite, fait briller l’asphalte des trottoirs d’une laque noire et funèbre.

 

Ce fut un déluge qui me força à m’arrêter sous l’abri du bus, face « aux nouvelles galeries ». On ne voyait plus rien dans ce brouillard liquide, transformant les vitrines, en simple halo de lumière mouvante et les clochers, en fantômes de pierre, incertains.

 

J’avais froid, j’étais trempé, gelé dans les courants d’air, et abruti par le bruit des gouttes sur le plexiglas de l’abri. Plus personne sur l’avenue.  Je me sentais désespérément seul.

 

Et puis, brusquement, elle fut là, refermant son parapluie. Je ne l’ai même pas vu arriver. Elle regardait le ciel ; elle avait des yeux… merveilleux, à mi chemin du vert et du gris. Elle était petite, châtain ; elle n’était pas… belle : c’était mieux que cela ; elle était jolie, tellement jolie qu’elle en semblait vulnérable. Elle était fine, délicate, naturelle…le genre de jeune femme  qu’on a tout de suite envie de prendre dans ses bras pour la protéger, pour éviter que la vie ne la blesse ; elle était de celles qu’on ose à peine toucher de peur de la choquer, de la faire fuir…

 

J’en suis tout de suite tombé amoureux… comme un fou, comme un enfant.

 

Ce n’est pas l’endroit où je peux expliquer pourquoi, à 50 ans, j’étais toujours seul dans la vie. Sachez toutefois que ce n’est pas à cause d’une timidité maladive, d’une peur des femmes ou d’un quelconque manque de communicabilité Je n’étais pas un dragueur, un coureur mais je savais y faire… et je le faisais quand il le fallait.

 

Mais là, alors que j’aurai pu de mille façons engager la conversation, impossible de sortir un mot. J’osai à peine la regarder, juste du coin de l’œil. Elle, elle regardait le ciel, le ciel qui continuait à nous isoler des autres. Tout se passait comme si je n’osais pas rompre cet instant rare, précieux, unique, hors du temps et hors des hommes.

 

Je suis resté muet. La pluie a cessé ; elle est repartie vers le monde qui, sortant du brouillard, se remettait à vivre et moi, j’ai repris le chemin de la gare.

 

A 18 h 45, le TGV est entré en gare. Je suis monté à bord, voiture 6, place 22, coté couloir.

 

J’étais plongé dans mon journal quand, 5 minutes plus tard, j’ai senti une présence qui voulait passer pour s’asseoir à coté de moi, place 23, coté fenêtre.

 

J’ai relevé la tête en me levant ; c’était elle.

 

Le train a démarré et moi enfin, je lui ai demandé : « vous n’avez pas été trop mouillée ? »

 

C’était idiot comme question mais elle a quand même tourné vers moi son regard de métal précieux et puis elle m’a montré sa bouche et ses oreilles pour me faire comprendre qu’elle était sourde et muette.




Voila 10 ans que nous sommes mariés et nous avons 2 jumeaux, des garçons qui ont fêtés aujourd’hui, à la maison, avec une dizaine de copains, leur 9ème anniversaire.

 

Le dernier invité parti, les gamins couchés et dormant déjà, les ballons décrochés de la porte d’entrée et le dernier confetti enfin aspiré, nous soufflons tous les deux, accoudés à la fenêtre, regardant, sur le champ de mars, cette nuit d’été bleuie par la tour Effel. Nous sommes épuisés, abrutis par toute l’effervescence qui a régnée aujourd’hui.

 

C’est alors qu’elle fait jouer ses mains pour me parler et qu’elle « signe » mi figue mi raisin : « tu vois, j’ai toujours eu dans l’idée que le silence était d’or. »

 

LAST IROKOI © 2008 IN « HISTOIRES DE LA VIE DE TOUS LES JOURS »

 

 

 

 

  

 

 

 

 

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H
Je me suis encore régalé de te lire.Le quartier latin me manque; et dire que j'ai failli monter à Paris aujourd'hui pour une formule hôtel-spectacle Le Roi Lion.Mais ma compagne, trop malade ne pouvant venir, j'ai annulé.Pour Le bal des fous, le correcteur de l'éditeur me semble marcher à côté de la plaque: il lui a fallu un mois pour se rendre compte qu'il ne pouvait ouvrir le roman, tapé sous office student 2007.J'ai été obligé de lui convertir en word.Donc, sortie retardée; l'ouvrage sera référencé dans les FNACS.Amicalement.Bonne soirée.
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M
est-ce important que l'histoire ne soit pas vraie ?elle est si joliment contée ...
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L
<br /> Bonsoir, Marie Claude...<br /> <br /> Mais est ce si sur et certain que cela que cette histoire ne soit pas reelle?<br /> <br /> Je ne sais pas... Je dis simplement cela peut arriver...<br /> <br /> je vous souhaite une bonne soirée et vous remercie de cette fidélité lectorale<br /> <br /> Last Irokoi<br /> <br /> <br />
D
Un texte magnifique (je commence à me répéter...). La rencontre de deux monde et les fruits qui peuvent en découller... Une rencontre hors du commun, faite de pure hasard... Une histoire qui me fait croire que les contes de fée (ou de fait ;) existent et peuvent se réaliser dans la vraie vie.Cependant, si le silence est d'or, il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre... De plus, si la femme de ton texte est sourde, l'impression que j'ai est que son esprit, lui, ne l'est pas... Et c'est le pire pour une personne : avoir un esprit sourd... car celà signifie vivre sur soi-même, ne pas du tout s'ouvrire et au final devenir muet par manque de pratique auditive... l'esprit est un muscle à certains égards... et tes textes nous aident à le former, à le muscler... en d'autre terme, à l'ouvrir aux nombreux moments que la vie nous offre, et à l'explosion de bruit qui en est le corrolaire nécessaire !
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L
<br /> Salut Dumb,<br /> <br /> Pardon de te répondre si tard; j'ai eu plein de monde depuis quelques temps à la maison.<br /> <br /> Et merci pour tes com. toujours très (trop) sympa et qui m'encourage beaucoup;<br /> <br /> Dans cette histoire ce qui m'a interessé c'est surtout l'ambiance...l'ennui des dimanches après midi en famille; Paris triste sous le ciel d'automne et qui pourtant aujourd'hui, me semble tellement<br /> touchant.<br /> <br /> L'ambiance aussi d'une averse sur une ville de province comme à paris. si j'ai situé cela à saintes c'est que je revenais de Royan. l'impression d'être seul sous un abri précaire, seul au monde je<br /> veux dire... et puis le hasard d'une rencontre.<br /> <br /> Ce qui est marrant dans la façon dont l'histoire est venue c'est que l'heroine au début n'était pas muette simplement elle ne disait rien et lui n'osaait pas. la surdite et la mutité sont venus au<br /> moment ou j'écrivais la fin... vraiment dans le brouillon manuscrit, c'est en souvenir de sa grand mère que le héro dit "le silence est d'or"...<br /> <br /> marrant non? ce sont les arcanes de la création.<br /> <br /> bonne soirée<br /> <br /> L.IRO<br /> <br /> <br />
L
voila un texte comme  j'aime en lire avant d'aller me coucher. Il en émane une paix, une invite au repos pour un demain toujour meilleur de possibles.Merci à toi oh grand irokoi!!!!
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L
<br /> Tu es toujours le bienvenue sous mon tipi<br /> <br /> Je reviens de ton blog où j'ai beaucoup apprecié tes derniers dessins: cf mon com<br /> <br /> Bonne soirée Eric<br /> <br /> L.IRO<br /> <br /> <br />
K
Privé d'un sensLa vie prend plus de sensEt dans le silenceLe merveilleux se fait essenceComme un félinJ'aime d'instinctCeux qui ne disent rienCar ils ont souvent plus à direQue tous les bavards, les piresJ'aime les silencieuxCar il émane d'euxUne paixMon grand-père est de ceux-làDoudou aussien fait partieIls ne parlent que lorsque c'est nécessaireet près d'eux s'opèreUne magie comme un abracadabraLa vie je la voisprès d'eux bien différenteDu bruit absenteMes autres sens s'exacerbentJ'imagine que près d'une personne privée de ce sensC'est ce qu'on doit vivreFluide, lente, paisibleComme un fleuve bien tranquilleUne personne d'eauVivant dans le monde du silenceOù je me plais à l'errance
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L
<br /> merci, merci du fond du coeur pour ce poeme si sensible, justement si plein de paix.<br /> <br /> c'est un tres beau cadeau que tu m'as fais là.<br /> <br /> je te souhaite une très bonne soirée<br /> <br /> L.IRO<br /> <br /> <br />