Comme un indien , du fond de son tipi, au milieu des grandes plaines de l'ouest, j'observe au loin le monde et la société. Je devrais pleurer mais non souvent je rigole... Mon dieu, qu'ils sont tous comique et si loin de la vie et de l'univers... Entrez donc 5 minutes vous reposer. on parlera littérature et poésie, peinture et musique, art... Bienvenue dans le tipi de Lastirokoi Last Irokoi
Bonjour,
Vous ne me connaissez pas et pourtant j’apparais souvent dans vos rêves.
Je suis un homme ou une femme, jeune ou vieux, c’est selon, et mon apparence, ma silhouette, les traits de mon visage, que je modifie à volonté, vous sont parfaitement inconnus.
Je suis le second rôle de vos songes, toujours au fond du décor ; le chauffeur de taxi, le concierge ou l’agent de police, éternel figurant… on dirait que je suis là pour faire vrai.
Au mieux, si vous me croisez au détour d’un rêve, je vous regarderais et même je vous sourirais mais jamais je ne vous parlerais, jamais je ne jouerais un rôle direct dans l’histoire que vous rêvez.
Souvent, au matin, vous ne vous souvenez plus de moi… mais si vous vous en rappelez, vous serez sûrement troublé car jamais vous ne m’avez vu, rencontré, connu ou reconnu dans la réalité et vous vous demandez qui je suis, de quelle partie de votre esprit, de votre vie, je viens, moi, qui avait pourtant l’air si réel, si vivant, si humain dans votre rêve.
Je me présente : je suis visiteur de rêves… (Gardien ou patrouilleur de rêves serait d’ailleurs plus exact…)
Mon rôle ? Veillez à garder close la frontière entre rêve et réalité.
Cela vous étonne ? Allons… vous n’avez pas compris ?
Vous vivez tous sur la même planète ; pourtant, vous ne vivez pas tous la même vie. Certains sont milliardaires à Los Angeles ; d’autres mineurs en Sibérie. Quoi de commun entre celui qui vit à Tokyo et l’homme de la pampa en Patagonie ? Et entre celui qui meurt centenaire et celui qui part trop tôt ? Je ne dis pas qu’une destinée est meilleure qu’une autre, je dis que toutes sont différentes.
Pour les rêves, c’est pareil. Quand un humain s’endort, son esprit part... ailleurs, autre part, vers une autre et même entité, le même univers, la même terre si vous voulez mais chacun fait un rêve, un songe, un cauchemar différent.
Mon rôle est d’éviter que, pendant l’histoire rêvée, des vérités, des réalités soient révélées à ceux qui ne sont pas prêts à les entendre… A ce que ne soient pas révélées des évidences qui bouleverseraient des destinées, qui changeraient l’histoire d’un homme et pourquoi pas, par ricochet, l’histoire de l’Humanité.
Pour éviter cela, dès qu’un risque se profile à l’horizon, j’accélère ou je ralentis le temps du songe, je le fais devenir absurde, je le code d’une telle façon que le rêveur lui-même en rigole à son réveil en se demandant où il va chercher tout cela.
Nous sommes une poignée de gardiens patrouillant l’espace/ êve, empêchant certaines rencontres ou les provoquant pour éviter des catastrophes.
La pire des situations, c’est lorsque 2 savants d’époques différentes se rencontrent et se mettent à parler… Là, il faut agir vite et parfois, nous ratons notre coup.
C’est comme cela que les hommes ont hérité du feu, de la roue, de l’imprimerie ou de la bombe atomique. Alors nous sommes convoqués par les 7 … dieux (c’est bien comme cela que vous les appelez ?) et nous sommes réprimandés, voire révoqués… car les Dieux aiment les univers stables, statiques, sans innovation, sans changement, sans progrès… le progrès, c’est... hérétique.
Nous ne reculons devant rien pour brouiller les cartes et cela d’autant plus que depuis la nuit des temps les hommes cherchent à décoder, à débuguer leurs rêves et que suivant les civilisations, ils y arrivent de mieux en mieux : en extrême orient cela devient de plus en plus difficile pour nous.
En cas d’alerte grave, notre seule solution est souvent de réveiller le dormeur en sursaut. Vous comprenez pourquoi, parfois, en plein milieu de la nuit, vous vous réveillez, hébété, assis dans votre lit, le cœur battant la chamade avec votre épouse à coté de vous, qui vous demande pourquoi vous avez crié…
C’est que pendant une fraction de seconde, vous avez frôlé une vérité que vous ne deviez pas connaître…
Vous vous rendormez et le lendemain matin, c’est à peine si vous vous souvenez de l’incident.
Avec les enfants aussi, nous avons du mal. Ils sont vif les gamins, ils pigent vite. Nous avons alors recours à d’horrible cauchemars pour éloigner de leur esprit ce qu’ils ont entrouvert. Alors si cette nuit votre gosse vous réveille en pleurant parce qu’il a peur d’un mauvais rêve qu’il vient de faire, ne soyez pas trop sévère.
Dans des cas extrêmes, surtout avec les personnes âgées qui sont entêtées, et qui ne veulent pas démordre de leur rêve quel que soit le stratagème utilisé, nous sommes obligés de faire en sorte qu’ils ne se réveillent plus jamais… mais, en fait, il y a peu de mort pendant leur sommeil.
Comment ? Vous voulez savoir si vous avez eu déjà affaire à nous ?
Je ne sais pas : rappelez moi votre numéro de sécurité sociale…
Oui… 51… Je regarde…
Ah oui, c’était il y a 4 jours, samedi soir…
Comment ? Vous voulez savoir ce que vous avez failli découvrir ?
Ah non, désolé, c’est impossible ; je ne peux rien dire…bon allez puisque vous insistez, je vais vous confier un secret : quand je vous ai réveillé, vous rêviez que vous étiez en train de lire une histoire de fou sur votre micro qui se terminait comme cela :
« Je ne sais pas : rappelez moi votre numéro de sécurité sociale…
Oui… 51… Je regarde…
Ah oui, c’était il y a 4 jours, samedi soir…
Comment vous voulez savoir ce que vous avez failli découvrir ?
Ah non, désolé, c’est impossible ; je ne peux rien dire…bon allez puisque vous insistez, je vais vous confier un secret : quand je vous ai réveillé, vous rêviez que vous étiez en train de lire une histoire de fou sur votre micro qui se terminait comme cela :
« Je ne sais pas : rappelez moi votre numéro de sécurité sociale…
Oui… 51… Je regarde…
Ah oui, c’était il y a 4 jours, samedi soir…
Comment vous voulez savoir ce que vous avez failli découvrir ?
Ah non, désolé, c’est impossible ; je ne peux rien dire…bon allez puisque vous insistez, je vais vous confier un secret : quand je vous ai réveillé, vous rêviez que vous étiez en train de lire une histoire de fou sur votre micro qui se terminait comme cela : » » »
LAST IROKOI © 2009 in « histoires de la vie de tous les jours »