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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 22:14

USA

Il neigeait sur New-York et c’était la nuit.

Brouillard sur JFK, décollage interdit.

Je marchais dans les rues, le visage gelé,

Pour tuer le temps.

 

Là-haut, immeubles, vertiges de néon,

Sur l’avenue, sirènes et moteurs de camions

Je marchais dans les rues, le visage gelé,

Au hasard, rêve éveillé, égaré.

 

Néons bleus au coin d’une rue…

Boite à putes, Portier aux galons de général.

Qu’importe, juste après les tentures de velours

Un peu de chaleur.

 

Piste de danse, enfumée, lumières pisseuses

Silhouettes autour  vautrées; petites loges obscures.

Au piano, de longs cheveux blonds

Massacre un standard de Jarret.

 

Le bar, faux marbre marqué de traces, sale.

Tabouret à coté, un gros dont je ne vois

Que le visage luisant, porcin du sud

Et une femme, plus loin, gloussante.

 

Mes oreilles sont chaudes, souvenir d’enfance,

Et j’ai mal aux os de ma mâchoire.

Un Jack Daniels. Impossible de voir

Le fond de mon verre : il sent mauvais

 

Petite asiate faisant semblant de chercher.

Demande du feu. Ne fume pas

Demande si je suis seul.

Lui montre le tabouret vide à côté.

 

Elle commande une coupe de champagne

Et m’entraine sur la banquette d’une loge.

On me sert un JD que je n’ai pas commandé

Direct, la main sur ma cuisse…

 

La musique a changé. Un homme au piano,

Plus jazzy. Elle me demande

De la faire danser. Je dis non.

Ne sais pas. Sa main de plus en plus précise.

 

Des couples incertains sur la piste

Et, mêlé à l’odeur du tabac blond,

Celle de la sueur. La petite pue.

Pas lavée depuis…. Longtemps.

 

Un 3ème Jack. Lumière bleue à présent.

Musique plus sirupeuse encore.

Agilité de sa main, glissée,

Preste, dans mon pantalon. Je bande.

 

Renonce à caresser son entrejambe

Pourtant largement ouvert.

Aucune hygiène. Insupportable odeur

Presque à gerber. Elle a sorti mon sexe.

 

Inclinaison de la tête, elle me prend dans sa bouche.

Lentement et de plus en plus vite

Et son odeur de plus en plus forte

Je prends sa nuque dans ma main. Poisseuse de sueur.

 

Je lui demande d’arrêter. Elle me regarde.

Je répète « stop ». Elle me demande

Si j’aime pas ; si elle a mal fait

Pas de réponse. Juste un billet de 100 dollars.

 

Je suis sorti dans la nuit glacée de New York

Il ne neigeait plus mais les trottoirs verglacés glissaient.

J’ai marché dans les rues, le visage gelé,

Au hasard, sans rêve, pour tuer le temps.

 

 

 

LASTIROKOI © 2012

 

 

 

 

 

 

 

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Published by lastirokoi - dans TEXTES NOIRS ET BLEUS
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commentaires

marie-claude 04/11/2012 16:02


Fort !


pas d'autres mots pour exprimer mon ressenti, fort de résister aux assauts d'une soirée en dérive au coeur d'un New York glacé ...


amitié .

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